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L’odeur de l’argent
L’argent est souvent considéré comme un moyen d’échange économique universellement utile, et à ce titre valorisé moralement. Cependant l’utilité est-elle le seul critère d’un usage moral de l’argent, et celui-ci n’a-t-il pas besoin de normes externes pour ne pas devenir l’instrument de nos vices ?
« L’argent n’a pas d’odeur », dit le proverbe. Autrement dit, le propre de l’argent est de n’être lié à personne en particulier, contrairement par exemple au parfum choisi par la femme qui le porte, ou au fumet caractéristique émanant de chaque cuisine familiale : non, l’argent ne porte sur lui aucun signe distinctif personnel, il est au contraire commun et impersonnel, et sa fonction est justement de fournir un symbole unique pour des personnes très différentes. Dès lors qu’il est admis comme valable dans une communauté donnée (généralement un Etat), il doit être valable pour tous indifféremment, puisqu’il est une commune mesure. L’argent est le même, donc, pour le voleur et pour l’honnête homme, pour la ménagère, l’entrepreneur, le chômeur, le curé, le militaire... Il a la même valeur, qu’il appartienne à une personne vertueuse ou vicieuse, avare ou généreuse, égoïste ou altruiste, et qu’il soit bien ou mal employé, bien ou mal acquis. L’argent se moque donc de toute morale, puisqu’il se moque des différences de vertus et de toute hiérarchie des vertus.
Neutralité morale de la valeur économique
A quoi cette indifférence morale de l’argent est-elle due, et jusqu’où va-t-elle ? L’indifférence de l’argent par rapport à la morale est lié au fait que l’argent (ou l’or, le cuivre, le bronze, les billets, les chèques... bref, toute monnaie imaginable, money) n’est rien d’autre qu’un symbole quantitatif permettant de monnayer des objets ou des services, c’est-à-dire de les échanger en fonction de leur quantité ou mesure. Il ne s’agit pas de morale, mais de poids et mesures, de calculs et d’échanges : la finalité de l’argent est pratique, elle n’est pas d’accomplir une bonne action, mais de faciliter les échanges économiques. L’argent n’est rien d’autre que cet intermédiaire neutre de l’échange, qui ramène le qualitatif à du quantitatif. Comme le montre K. Marx (Critique de l’économie politique, II), la monnaie, c’est-à-dire l’argent utilisé dans un échange, est le symbole d’une commune mesure entre les termes de l’ échange ; l’argent est l’unité de mesure universelle, moyen de circulation des marchandises.
Valeur morale de l’argent
En tant que moyen d’échange et commune mesure, l’argent semble ainsi utile, voire nécessaire, et de plus il est impersonnel donc impartial, ce qui est un des caractères de la justice. On aurait donc raison de considérer l’argent comme un instrument purement utilitaire, moralement neutre ou même moralement avantageux, puisqu’il permet les échanges de biens et de services nécessaires à la vie, et à un certain plaisir, voire un certain bonheur. En ce sens, l’argent n’a pas d’odeur : tous les moyens de l’acquérir et de l’utiliser sont bons, dans la mesure où ils parviennent à des échanges bénéfiques.
De plus, l’argent est le symbole de la richesse, et pour produire des richesses il faut être économe et travailler, ce qui est vertueux. L’argent, c’est le travail, son produit et sa mesure. Cela est très simple, et il n’y a pas ici de question à se poser ; il y a une relation simple entre le travail et l’argent, qui donne à celui-ci une valeur indiscutable, et le met à l’honneur. Charles Péguy, qui a recueilli dans L’argent (1913) des impressions plutôt pessimistes sur celui-ci, ne manque pas pourtant de signaler sa valeur morale : « L’argent est hautement honorable, on ne saurait trop le redire. Quand il est le prix et l’argent du pain quotidien. L’argent est plus honorable que le gouvernement, car on ne peut pas vivre sans argent, et on peut très bien vivre sans exercer un gouvernement » ; l’argent est « honorable », « droit », « décent » (Pléiade, p. 1083).
L’argent à tout prix (cynisme ordinaire)
Ces raisons suffisent à supprimer toute honte par rapport à la recherche, à la possession et à la dépense de l’argent. C’est pourquoi certains font même de la richesse (possession d’argent ou de biens monnayables) un but de la vie, et un synonyme de bonheur (cf. Aristote, Ethique à Nicomaque, l. 1). C’est pourquoi certains aussi, ne voulant retenir que la finalité de l’argent, jugent que celle-ci étant bonne (procurer le nécessaire grâce à des échanges facilités), tous les moyens sont bons pour y parvenir. C’est le vieux raisonnement manichéen et pragmatique : seul le succès importe, et s’il faut passer par un mauvais chemin pour y parvenir, peu importe, ce chemin n’est qu’un passage et se fait oublier une fois le résultat obtenu. Je peux donc être malhonnête, voler, détourner des fonds, vendre de la drogue ou des armes, pourvu que je produise des richesses pour moi et pour mes proches : ceux qui restent honnêtes et travaillent font finalement la même chose que moi du point de vue du résultat.
Une mauvaise odeur
On voit à quoi peut mener « l’argent sans odeur » : des échanges bénéfiques, mais aussi une foule d’actes immoraux s’autorisant du caractère neutre et objectif de l’argent. Celui-ci prétend être sans odeur, parce qu’il sert indiféremment à tous les membres d’une communauté politico-économique. Mais si l’on réfléchit ne serait-ce qu’au sens propre du mot « odeur », ne doit-on pas dire au contraire que l’argent a une odeur ? Il n’a pas certes l’odeur particulière d’une personne ou d’une famille, mais en passant entre toutes les mains n’acquiert-il pas toutes leurs odeurs à la fois ? L’argent ne sent pas ceci ou cela, il sent tout ce qui le touche, c’est-à-dire un mélange effroyable de choses très différentes, une très mauvaise cuisine, crasseuse et qui pue. Sentez votre porte-monnaie : il pue. Le métal, le papier et l’encre, crasseux, galvaudés par des mains honnêtes et malhonnêtes. L’argent sent en réalité la somme statistique du moral et de l’immoral d’une société donnée.
Comment normer notre rapport avec l’argent ?
La question morale devient alors : existe-t-il des normes permettant de régler notre rapport à l’argent, de façon que son acquisition, sa possession et son usage restent toujours soumis à l’exigence du bien ? C’est en réalité la question propre de l’économie, depuis la plus haute Antiquité. Xénophon, dans L’économique, donnait déjà l’image idéale d’une propriété agricole gérée de façon ordonnée, la vertu de l’ordre permettant de créer une sorte de « loi dans la maison »(selon l’étymologie d’« économie »), tout comme un père de famille. Aristote, dans La politique (l. 1), prit ensuite en compte cette dimension familiale de l’organisation socio-économique, et continua le raisonnement en l’étendant au village, puis à la communauté de villages, et finalement à la cité-Etat : c’était la naissance de la science politique et économique à la fois. Une cité est bien gérée quand elle a, comme une famille et une maison, une économie, c’est-à-dire un ordre juste, garanti par des lois.
Sur des bases juridiques et politiques, il devient dès lors possible de normer notre rapport avec l’argent. Cette idée-là a fait son chemin, puisqu’on retrouve chez K. Marx (Le Capital, II, 4, note a, Pléiade p. 698) une référence directe à Aristote (La politique, I, 8-9). Karl Marx reproche au capitalisme, on le sait, d’être un mauvais usage de l’argent. On pourrait presque dire que pour lui, le capital est normal, mais la capitalisation, l’accumulation indéfinie de l’argent par la bourgeoisie, à partir de la plus-value créée par les travailleurs, est anormale et moralement condamnable.
Argent dépensé et argent accumulé
Les analyses de K. Marx reposent sur un raisonnement au sujet des marchandises, et de leur rapport avec l’argent ; on ajouterait aujourd’hui aux marchandises les services, mais le raisonnement reste valable. En effet (Le Capital, section I, ch. 3), il y a deux manières principales et très différentes d’utiliser l’argent dans un échange : soit on vend pour acheter (« transformation de la marchandise en argent et retransformation de l’argent en marchandise », M-A-M ; cf. p. 692), soit on achète pour vendre (« transformation de l’argent en marchandise et retransformation de la marchandise en argent », A-M-A). Dans le premier cas on n’accumule pas l’argent, le but est seulement de posséder la marchandise dont on a besoin ; dans le second cas au contraire, on possède au départ et à l’arrivée un argent disponible, et pas de marchandise : il s’agit alors d’un capital (au sens péjoratif). K. Marx décrit dans son ouvage les différentes manières d’accumuler sans cesse ce capital, la meilleure n’étant pas de thésauriser, mais au contraire de faire rentrer l’argent dans la circulation des marchandises, de façon à produire une valeur supérieure au terme de l’échange (A-M-A’ : où naît la plus-value).
Le mauvais capital : Aristote marxiste ?
Si Marx cite Aristote dans Le Capital (Pléiade pp. 698 et 712), c’est précisément parce qu’il considère comme lui que l’accumulation illimitée de l’argent est immorale : Aristote distinguait ainsi l’usage normal de l’argent - l’économique -, et l’usage anormal - la chrématistique. L’économique est l’art d’acquérir « les biens nécessaires à la vie et utiles soit au foyer domestique soit à l’Etat », et elle se borne à cela, se satisfaisant le plus souvent du troc sans argent ; la chrématistique au contraire est née de l’augmentation des échanges de marchandises, qui a rapidement utilisé la monnaie. Pour elle, dit Aristote (cité par Marx), « la circulation est la source de la richesse et elle semble pivoter autour de l’argent, car l’argent est le commencement et la fin de ce genre d’échange. C’est pourquoi aussi la richesse, telle que l’a en vue la chrématistique, est illimitée(...) car ce qu’elle poursuit est la richesse absolue. L’économique est limitée, la chrématistique, non ; la première se propose autre chose que l’argent, la seconde poursuit son augmentation... C’est pour avoir confondu ces deux formes que quelques-uns ont cru à tort que l’acquisition de l’argent et son accroissement à l’infini étaient le but final de l’économique » (op. cit., p. 698). Plus loin, Marx cite également Aristote : la chrématistique est « blâmable », car elle détourne l’argent de l’usage pour lequel il a été inventé, à savoir non pas faire de l’intérêt avec de l’argent, mais favoriser l’échange des marchandises. Cela est d’autant plus vrai pour Marx, que la version moderne de la chrématistique est le capitalisme de la bourgeoisie, reposant sur l’exploitation du travail prolétaire, à cause d’une injuste domination de classe.
La critique du capitalisme par Marx devrait faire réfléchir plus d’un « économiste » aujourd’hui ! Son argument essentiel repose ici, non pas sur un idéal révolutionnaire antibourgeois et destructeur, ni sur un socialisme utopique, mais sur une analyse éthique de l’usage de l’argent ! La morale de l’argent vient non pas de son rôle de mesure commune, mais à l’inverse, de la mesure de son usage. Ce n’est pas à l’argent de tout mesurer, c’est aux hommes de se modérer eux-mêmes dans l’usage de l’argent, en le remettant à sa place d’intermédiaire d’échange, et en le soumettant à d’autres valeurs, comme l’utile et le bien.
Le capitalisme, immoral ?
Faut-il pour autant détruire le système capitaliste, en tant que généralisation du principe d’accumulation et de plus-value ? Ceux qui se proposent de détruire d’un même coup le capital et la classe qui le possède (la bourgeoisie), semblent être marxistes si l’on s’en tient à ces analyses. Ou alors, appelons-les socialistes, puisqu’ils veulent souvent remplacer la libre circulation des richesses par une circulation réglée et limitée par l’Etat au profit de la société. Cependant, même l’opposition entre libéraux et socialistes est suspecte, et risque de favoriser en réalité la chrématistique. Pourquoi vouloir renverser la bourgeoisie, si ce n’est pour devenir bourgeois à la place du bourgeois ? Est-ce réellement dans un idéal socialiste désintéressé ? L’homme est-il fondamentalement généreux ? D’autre part un libéral n’a-t-il jamais un usage économique de l’argent, et ne peut-il pas être plus généreux dans ce cas qu’un libéral ou un socialiste qui en fait un usage chrématistique ? Rien n’est simple, et peut-être la vertu est-elle tout d’abord de remettre en cause son propre rapport individuel avec l’argent.
Charles Péguy, encore lui, nous met en effet en garde contre les illusions de socialisme, et les illusions de générosité. Il ne supporte pas Jaurès. Il en fait un symbole de faux socialisme. Il constate que notre société est celle du « règne de l’argent », ce qui est pour lui une décadence (L’argent, p. 1074). En effet, si l’argent devient la valeur principal d’une métaphysique (je possède, donc je suis), c’est au détriment d’autres valeurs. Par exemple les valeurs chrétiennes qui préoccupent Péguy. Mais aussi plus simplement par rapport au travail. La décadence de notre époque consiste selon Péguy en une dévalorisation du travail et une survalorisation de l’argent : alors que le travail était recherché pour lui-même depuis l’Antiquité, en tant qu’accomplissement et bonheur de l’homme dans ses actes, il n’est plus recherché aujourd’hui que pour l’argent qu’il procure. Péguy interprète cette situation comme une déspiritualisation de la société : c’est le temporel qui commande au spirituel, l’argent qui domine la morale en se faisant passer pour valeur suprême. Cette tyrannie de l’argent n’est possible que parce que les « bourgeois » ont l’idée qu’il faut imposer une certaine politique et une certaine métaphysique (p. 1086) à la société, et qu’ils veulent soumettre le peuple au « règne de l’argent » (p. 1211). Mais curieusement, pour Péguy, ces bourgeois, ce sont... les socialistes ! En réalité, ce n’est pas la couleur politique qui intéresse Péguy, mais la tendance des puissants à écraser le « peuple », à supprimer toute « commune mesure » (p. 1211) entre les classes sociales, et à les distinguer par leurs fortunes : si je crois à la valeur représentative de l’argent, si je pense que le symbole de mes richesses est le symbole de mon être, alors je m’assimile à une classe particulière, dans une hiérarchie où dominent les riches et pâtissent les pauvres.
Conclusion : séparer l’argent de la morale, pour le soumettre à la morale ?
D’Aristote à Péguy, en passant par Marx, ne trouve-t-on pas finalement une même critique de l’usage de l’argent ? Cet usage est moral tant qu’il se limite à servir d’intermédiaire dans un échange
de biens et de services utiles ou nécessaires, car cela est bénéfique pour la vie humaine. Mais il devient immoral dès que l’accumulation de l’argent est un but en soi, qui ne vise pas la
transformation de l’argent en autre chose. En somme, l’argent a une valeur d’échange qui doit être soumise à la valeur d’usage de ce que l’on échange. Pour moraliser son usage, il importe donc
que les termes de l’échange (personnes, biens, services) s’inscrivent dans des rapports sociaux eux-mêmes inscrits dans la morale.en particulier, il conviendrait de réfléchir sur la moralité des
rapports d’inégalité souvent corrélatifs à l’argent (et relire Rousseau dans cette perspective). L’argent ne sera moral que si les personnes qui l’utilisent ne cèdent pas au désir illimité de
richesse, mais visent avant tout le bien, en limitant l’argent au rang d’un moyen et non d’une fin. Car le respect (cf. Kant) est de considérer d’abord l’homme comme une fin, et non comme un
moyen.
Joël Figari
(article initialement paru dans Perspectives philosophiques, N° 5, Grenoble, 1998).
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Au plaisir de vous lire.
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Merci pour cette question d'actualité, qui permet de prolonger la réflexion sur l'argent. Vous cherchez dans la philosophie ou la morale une "réponse" ou une "preuve" permettant de comprendre en quoi la "circulation de l'argent sans produit", par exemple dans les "bulles financières", est "mal". Si vous admettez la définition de la philosophie comme une quête authentique de sagesse, qui ne présuppose pas des "réponses" (et encore moins des "preuves") avant d'avoir posé et compris le problème dont il est question, vous conviendrez qu'il faudrait d'abord comprendre le problème économique de l'argent et des "bulles financières", avant de pouvoir porter une évaluation philosohique ou morale. D'ailleurs, je me demande ce qu'il faut entendre ici par "morale" ; le sens de la philosophie morale n'est pas de "faire la morale", et de dire que quelque chose est "mal" ; c'est plutôt de se demander quel problème moral pose cette chose, c'est-à-dire en quoi elle met en jeu mes moeurs (mores) et ma liberté de comportement. Comme vous, je ne vois pas immédiatement de "preuve" à ce sujet. Lorsque vous parlez de la "circulation de l'argent sans produit" et des "bulles financières", vous semblez assimiler ces deux idées ; or pour généraliser le problème, il faudrait aussi savoir s'il existe d'autres formes de circulation d'argent sans produit. Je suppose que ce sont toutes les utilisations de l'argent qui sont "déconnectées" d'un échange direct d'argent contre produit ou de produit contre argent (les circulations résumées par A-M-A ou M-A-M par Marx, qui parle de "marchandises"), donc toutes les circulations où l'argent est transféré de lieu et/ou de propriétaire, par le simple jeu des écritures bancaires, comptables et financières ; les cas sont multiples, et relèvent d'une analyse économique fine, que je laisserai à d'autres (lire par exemple l'article suivant : http://www.libertepolitique.com/liberte-economique-et-solidarite/5215-remunerations-pharaoniques-ou-est-le-probleme). Pour ma part, je dirais déjà que le phénomène que vous évoquez est d'abord, a priori, moralement neutre, au sens où faire circuler de l'argent sans le mettre immédiatement en rapport avec un produit n'est pas "mauvais en soi" dans tous les cas, et immédiatement ; je prendrai un exemple simple : si une grand-mère donne des étrennes à son petit-fils au jour de l'an, et si cet argent est placé en épargne pour pouvoir acheter plus tard une moto, cet argent circule sans être mis en rapport immédiatement avec un produit, et on peut trouver "bien" que le petit fils sache déjà gérer à bon escient son capital. Les bulles financières posent évidemment d'autres problèmes, puisqu'elles repoussent les limites de ce qui est empruntable et remboursable, ainsi que du "crédit" que l'on peut faire à la personne qui possède déjà de l'argent ; on finit par dématérialiser l'argent, qui devient une entité purement mathématique, avec laquelle on "joue" ; c'est peut-être ici, notamment, que se pose le problème moral : a-t-on le droit de "jouer" avec l'argent ? celui-ci n'est-il pas rendu "sérieux" par le lien qu'il doit entretenir, "normalement", avec le sérieux du travail et de l'échange économique ? Si vous connaissez suffisamment l'économie, vous pourriez contribuer utilement à ce blog en proposant vos exemples et vos réponses à ces problèmes philosophiques et moraux. J'espère donc vous lire bientôt !